Le HDR (High Dynamic Range)
Une des problématique des films et encore plus des capteurs numériques, est leur capacité à restituer des scènes à fort contraste. Ceci se caractérise par des hautes-lumières brûlées et/ou des ombres complètement bouchées, alors que sur place, l'œil y distingue beaucoup plus de tonalités. Les capteurs ont en effet une dynamique (une capacité à enregistrer des écarts de luminosité) assez limitée, inhérent à la technologie employée.
Il nous faut dans ces cas là choisir entre une exposition privilégiant les hautes-lumières, ou au contraire les ombres. Il existe toutefois une solution qui consiste à diviser la capture de la scène pour capter une fois les ombres, une autre fois les hautes lumières, et combiner ensuite ces deux messages pour faire une seule image. C'est précisément le but des prises de vue HDR.
Il s’agit donc d’une combinaison de plusieurs prises de vue avec des expositions différentes.
Il existe deux manières de le faire :
Développements multiples de fichiers RAW
À partir de la même prise de vue, réaliser plusieurs développements d'un raw, par exemple en sous-ex d'un diaphragme, à son exposition normale, et en sur-ex d'un diaph, et de recombiner ensuite ces trois développements en une image HDR.
Cette technique présente un intérêt limité, en effet les derawtiseurs sont aujourd'hui très perfectionnés et permettent de réaliser ce travail directement, grâce à des réglages fins sur les courbes et à certaines fonctions spéciales (notamment « récupération » et « lumière d’appoint » sous Cameraraw).
Prises de vues multiples
La véritable prise de vue HDR consiste donc à prendre de multiples expositions de la même scène, à des temps d'exposition différents (en faisant du "bracketing"), pour successivement capter plusieurs parties de la scène, et ensuite reconstituer ces expositions en une seule. On va donc réaliser, par exemple, une prise de vue sur-ex de 2 diaphs, une autre en exposition moyenne, puis une autre en sous-ex de 2 diaphs. La prise de vue sur-ex nous donnera les informations dans les ombres, la sous-ex dans les hautes-lumières (souvent, le ciel), et l'exposition moyenne nous permettra de joindre le tout autour des informations moyennes.
Vous pouvez réaliser ces prises de vue en jpg ou en raw (pas de correction d’exposition lors du développement des raw !)
Cette technique n'est employable que dans certains cas de prise de vue, c'est-à-dire sur des objets fixes. Même sur des paysages, il faudra se méfier du vent, qui ruinera la netteté du feuillage puisque les différentes expositions seront ... différentes ! Adieux donc photos de sports, photos de rue, portraits, etc.
(A noter que cette technique est applicable à l'argentique aussi, en scannant les différentes expositions)
Prises de vue
La règle générale est d’utiliser un trépied, parfaitement stable, avec si possible un déclencheur souple.
Cependant, si la luminosité globale de la scène est suffisante et que la vitesse lors de la prise de vue sur-ex est suffisante (pour éviter le flou de bougé), il est possible de réaliser les photos à main levée en utilisant la fonction « prise de vue en rafale » d’un reflex.
Votre boîtier réglé en priorité ouverture (A, Av), faites une mesure de l’exposition moyenne et notez la vitesse puis passer en Manuel. A partir de cette exposition moyenne, faites une prise de vue sous-ex de 1 ou 2 IL (en doublant ou quadruplant la vitesse), la prise de vue « bien exposée » et une prise de vue sur-ex de 1 ou 2 IL (en divisant la vitesse par 2 ou 4).
En procédant par 1IL successif, on obtient : 1/1600 , 1/800 , 1/400 , 1/200 , 1/100 , 1/50 , 1/25 , 1/12 , 1/6. Ce qui nous ici donne 8IL d'écart.
Tout cela semble un peu compliqué, mais un reflex numérique peu aussi le faire à votre place… C’est la fonction « bracketing ». Il suffit de la régler sur le nombre de prises de vue souhaitées (3) et de définir les écarts d’exposition (1 ou 2 IL par exemple) puis de réaliser le nb de photos (en priorité ouverture).
Autant que possible, il faut choisir la sensibilité la plus basse possible (100, 200 iso) afin de limiter le bruit numérique que l’assemblage des images va par la suite amplifier.
Logiciels HDR
Une fois réalisées vos différentes prises de vue, il va falloir les "assembler" pour former une seule image finale. Cette étape se réalise au moyen de logiciels spécifiques :
- Photomatix pro
- Photoshop.
- easyHDR pro, qui possède également une version gratuite.
- Photogenics HDR…
